Commentaire du P. Jesús Fernández sur l’Évangile du dimanche 8 mars (Mt 17, 1-9)

La transfiguration fait partie de la pédagogie de notre Père céleste. Le Christ se révèle aux siens à partir de la tradition prophétique qui l’a précédé – Elie et Moïse – pour souligner qu’en sa personne le Père a accompli l’espérance d’Israël. Le Christ touche ses disciples et leur dit : “levez-vous, n’ayez pas peur”. Il leur demande de ne pas s’installer dans une expérience de bonheur car ce n’est pas la vie, ni même la vie spirituelle. La vie, c’est le suivre, en parcourant le chemin dans la paix et sans peur.

C’est le Père qui transfigure le Christ sur la montagne. De quoi Jésus parle-t-il avec Moïse et Elie ? Peut-être parlent-ils de son chemin vers la croix, de la résurrection, de la passion, de la mort et de la gloire du Christ. C’est comme si le Père disait à son fils : “suis-moi !” Ce que le Christ dit en fait à chacun de nous. Moïse et Elie témoignent que l’Ecriture sainte doit être lue en relation avec la croix et la résurrection.

Pierre représente beaucoup d’entre nous, beaucoup de chrétiens, qui veulent rester dans cette vie, dans la gloire, sans passer par la croix. Ce n’est pas le chemin que nous devons prendre, qui est le Christ.

Nous devons faire ce que le Père dit : “celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le”(Mt 23,9). Ces mots nous changent, nous transforment, nous convertissent. Ce sont des paroles inouïes, impressionnantes. Mais écouter la Parole de Dieu requiert le silence de de l’intelligence, de la volonté et du cœur et, surtout, beaucoup d’amour et de générosité. C’est en cela que consiste la prière, prière que le Christ demande à Pierre, Jacques et Jean. Faire silence avec amour signifie que durant ce temps de prière, nous ne pensons ni au travail, ni à la famille, ni à la maladie ou à tout autre problème ou souci. Nous sommes citoyens du ciel, comme le dit saint Paul (Ph 3, 20). Cela nous permet d’être en intime communion dans la gloire avec la Sainte Trinité.

Dans l’Eucharistie, notre pauvre corps et notre pauvre sang s’unissent et sont transformés à l’image du corps glorieux et du sang glorieux du Christ. Ce corps qui porte la lumière, la paix et l’amour, enveloppé dans la miséricorde du Père. C’est la transfiguration. Au cœur de la mort de ce monde, ce monde que nous voyons mourir, demeure cependant l’espérance de cette transformation dans le Christ. Le Christ est le grand ‘transformateur’ de la mort.

Nous devons être des confesseurs du Christ crucifié, nous devons nous reconnaître dans la croix du Christ. Nons seulement nous y reconnaître, mais la vivre. Il s’agit d’imiter les saints, qui ont su suivre les traces d’un Christ crucifié et glorieux. La croix a un pouvoir immense. Au centre de la croix, il n’y a que de l’amour, certes non sans douleur. Le Christ dit qu’il a vaincu la mort. Nous sommes venus pour entendre la voix du Christ. Le carême, c’est l’écoute, c’est le silence, c’est le jeûne de nos passions. Dans notre vie, il y a aussi des moments de transfiguration, lorsque nous recevons l’Eucharistie et nous éloignons de nous-mêmes, de nos défauts, de notre côté égoïste et nous nous approchons de la paix, de la sérénité et du sens de la justice du Christ. C’est la présence divine de la Sainte Trinité dans notre esprit. Entrons dans la nuit de la douleur de l’amour mais avec confiance, sans crainte, conduits par la main du Christ, et faisons-le chaque jour dans l’Eucharistie, car chaque Eucharistie est une véritable transfiguration.

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