Commentaire du P. Jesús Fernández sur l’Évangile du dimanche 1er mars (Mt 4,1-11)

Nous devons faire la différence entre la tentation qui nous assaille et nous perturbe, et l’épreuve, qui a un lien avec la lamentation, comme dans Job et Jérémie. Dieu veut que nous mûrissions au milieu des épreuves de la vie.

La prière et le jeûne nous ouvrent les yeux sur les funestes tentations que le Christ a démasquées (Évangile de Saint Matthieu, 4, 11). Ce sont des tentations diaboliques, capables de falsifier la religion.

La première est une instrumentalisation de la religion : « Si tu es fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». Celui qui cède à la tentation de transformer quelque chose pour son propre bénéfice est comme un loup déguisé en mouton.

La deuxième est une instrumentalisation de la religion dans le but de prendre le pouvoir sur les autres au nom de Dieu. Cette tentation recouvre une fausse piété et exige que l’on soit très attentif aux paroles du Christ. Il nous faut veiller, et pour cela, prier, garder le silence, établir un lien très puissant avec le Christ.

La troisième tentation est vraiment satanique. Elle transforme la religion en spectacle, par un comportement arrogant et prétentieux. C’est une forme d’autosatisfaction obtenue en manipulant le sacré, voire la piété. Malheureusement, c’est une tentation que l’on trouve fréquemment dans l’histoire de l’Église.

La tentation est l’antichambre du péché, ce n’est pas vraiment le péché, mais nous sommes au seuil du péché. Il est difficile de s’éloigner de la tentation si nous ne sommes pas des personnes de prière, généreuses et simples. Le diable profite de nos passions, il profite des défauts qui nous dominent. Le diable prend notre cœur dans ses filets lorsque nous tombons dans un égoïsme exagéré et un individualisme forcené. Avec l’aide de la prière, de l’Eucharistie et de la Parole de Dieu, avec la foi et l’espérance dans le Christ, et avec l’aide de sa grâce, nous pouvons démasquer le malin qui se transforme parfois en ange de lumière.

Saint Paul nous dit : « Ne rendez à personne le mal pour le mal, appliquez-vous à bien agir aux yeux de tous les hommes. » (Rm 12,17). Puis il ajoute : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. » (Rom 12,21). En suivant les traces du Christ et en nous confiant à sa grâce, nous pouvons nous comporter comme des artisans de la paix, des ambassadeurs de paix, des créateurs d’une pluie fine qui, partout où ils passent, fait croître tout ce qui est bon. Par conséquent, si nous sommes vraiment pacifiques, nous serons d’authentiques enfants de notre Père céleste par grâce.

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